Iki, avis et chronique de jeu

Dans la période Edo au Japon, Nihonbashi était le marché le plus animé de la ville. Entrez dans la peau d’un Edokko (enfant d’Edo) et veillez à la prospérité de la ville dans le jeu Iki en faisant travailler les habitants aux différents corps de métiers.


Iki
Auteur: Koota Yamada;
Illustrateur: David Sitbon;
Éditeur: Sorry We Are French;
Distributeur: Randolph ;
Nombre de joueurs: 2 à 4 joueurs;
Durée: 60-90 minutes;
À partir de: 14 ans+;
Thématiques : Marché japonais;
Mécaniques : Jeu de gestion de ressources et de développement.

Photo de l’éditeur

C’est quoi le but?
Après une année entière, il faut être le joueur ayant accumulé le plus d’IKI (idéal de vie à l’époque d’Edo).

Photo de l’éditeur

Comment on joue?

La partie se déroule en 12 manches représentant les 12 mois de l’année plus une treizième manche pour le jour de l’an. Une manche sera divisée en 3 phases. Au début de chaque manche, des personnages seront révélés et pourront être recrutés au cours de la saison.

Phase A : Mode de vie
En ordre des joueurs selon leur position sur la piste de la lutte contre les incendies, chacun place son pion “Ikizama” sur la piste du même nom. Cette dernière va déterminer le nombre de cases que les joueurs pourront se déplacer et l’ordre du tour lors de la prochaine phase.

Phase B : Actions
Cette phase se divise en 3 étapes. La première consiste en choisir d’avoir un revenu de 4 mons (monnaie japonaise de l’époque) ou de recruter un personnage. Pour ce faire, on doit payer le coût inscrit sur la carte de ce dernier. Certains personnages peuvent faire progresser les joueurs sur la piste de la lutte contre les incendies. Ensuite, le joueur doit choisir où placer son personnage. Plusieurs facteurs peuvent entrer en jeu : le risque d’incendies, le potentiel de combo de transactions et le nombre de personnages de même type dans une même “Nagaya” (maison).

Le joueur rouge peut faire une transaction avec l’étal devant lui ainsi que les deux personnages (le sien et celui du joueur bleu). Photo de Meeple QC

La deuxième étape est de déplacer son “Oyakata” dans la Grande Rue et de faire, si l’on veut, des transactions. L’Oyakata doit se déplacer du nombre exact de cases selon la position choisie de l’ikizima dans la phase A. Il peut augmenter ce nombre en dépensant des jetons sandales. L’Oyakata pourra ensuite faire des transactions des étals devant lui. Les transactions seront très variées et permettent d’aller chercher du riz, des sandales, des mons, des pipes, des poissons, des kobans, construire un bâtiment, etc. Si la transaction est effectuée avec un personnage appartenant à un autre joueur, le personnage augmentera d’un niveau.

La dernière étape consiste à retirer son Ikizama du plateau.

Phase C : Événements
Les événements qui vont se produire pendant cette phase vont dépendre du mois en cours. Pour plusieurs mois, ça ne sera que de mettre des mons sur les personnages non recrutés au cours de la saison.

Des mons, un koba, du bois, le riz et les sandales. Photo de Meeple QC

À la fin d’une saison, tous les personnages non recrutés, les pipes, les blagues à tabac et les poissons non-achetés seront retirés du plateau. Des nouveaux éléments de la prochaine saison les remplaceront. Les joueurs auront par la suite droit à un revenu selon le niveau de leurs personnages sur le plateau et de leurs personnages retraités. Ensuite, les joueurs peuvent gagner des IKI selon l’harmonie des Nagayas, c’est-à-dire si des personnages de même type sont placés ensemble, ils rapporteront des points. Puis, les joueurs devront nourrir les personnages sur le plateau avec du riz. S’ils n’en ont pas suffisamment, les personnages non-nourris seront défaussés.

À certains mois précis indiqués sur le plateau, il y aura des incendies qui vont se déclencher. Selon la position des personnages et bâtiments dans les Nagayas et la position du joueur sur la piste de la lutte contre les incendies, il pourrait y avoir des victimes (qui seront défaussées) ou l’incendie sera éteint.

La dernière manche sera un peu différente. Les joueurs pourront déplacer leur Oyakata à n’importe quel endroit pour faire des dernières transactions.

OK, et le jeu se termine quand?

La partie se termine à la fin de la 13e manche. Les IKI (les points) seront comptés en fonction de la piste de score, de la variété de personnages recrutés, des poissons achetés, des pipes et blagues à tabac achetés, des bâtiments construits et des ressources restantes.

Photo de l’éditeur

Ce que j’en pense?

Iki fut une découverte très agréable. Autant pour des joueurs aguerris que pour des joueurs occasionnels, le jeu nous a séduit par sa thématique japonaise et sa facilité de prise en main. C’est certainement un jeu qui va revenir souvent sur la table pour assurer une soirée de plaisir.

La boîte est vraiment jolie. Toutes les illustrations du jeu sont tout simplement magnifiques. Chaque carte est unique et le plateau central est bien coloré. On ressent très fortement la thématique du jeu. L’atmosphère, les marchés, les poissons, les métiers des personnages, tout nous rappelle le Japon et nous permet d’apprécier une époque historique de ce pays. La boîte a un format assez standard et le matériel se range très bien à l’intérieur avec des sacs.

Différentes cartes personnages et bâtiments. Photo de Meeple QC

La matériel d’Iki est de très bonne qualité. Les pions des joueurs, les marqueurs ainsi que les ressources de riz et de bois sont faits de bois, ce qui les rend très durables. Le reste des jetons est en carton épais. Les cartes aussi sont de bonne qualité. Le jeu pourra être joué un bon nombre de fois sans user et pourra être conservé longtemps.

Les mécaniques de jeu fonctionnent bien entre elles. La gestion des ressources n’est pas très compliquée à gérer. Cela tourne surtout autour de la gestion de notre argent afin de s’assurer qu’on est capable d’acheter tout ce que l’on veut ou bien de faire les bons choix. Il faut aussi avoir assez de riz pour nourrir tout le monde. Les autres ressources sont plutôt secondaires, seulement si on en a vraiment besoin : les sandales pour le mouvement et le bois et les kobans pour construire des bâtiments (et faire quelques points en fin de partie). Le développement des personnages se fait aussi assez facilement, soit les autres joueurs font des transactions avec eux ou notre Oyakata fait un tour complet de la Grande Rue.

Les incendies ajoutent un petit peu de risque aux parties, car on ne sait jamais où il va se déclencher. Si on est mal positionné sur la piste de la lutte contre les incendies, cela pourrait nous coûter cher, mais on peut souvent s’en sauver, soit parce que l’incendie se déclenche ailleurs ou un autre joueur éteint l’incendie avant de nous affecter. Puisque avancer sur la piste nous empêche de faire d’autres actions qui nous rapportent des points, je crois qu’il y aurait pu y avoir des points à gagner selon notre position sur cette piste pour la fin de la partie.

Les pions des joueurs : L’Oyakata, l’Ikizama, un Kobun, le marqueur incendie, le marqueur d’Iki et le marqueur des mois. Photo de Meeple QC

Puisqu’il y a beaucoup de symboles et d’icônes, Iki peut sembler imposant et compliqué, mais après jouer 1 ou 2 manches, on assimile assez bien les règles du jeu. Ces dernières sont très bien expliquées dans le livre et il y a des annexes pour expliquer toutes les cartes et tous les jetons que l’on peut se procurer durant la partie. Ces dernières seront plutôt pratiques lorsqu’on verra des éléments un peu plus particulier que les autres. Le jeu se prend facilement en main et j’aurais même tendance à dire que des joueurs de moins de 14 ans pourraient se l’approprier s’ils sont déjà fans de jeux de société.

Par expérience, les parties vont plus approcher les 90 minutes. Iki est un jeu qui va demander un peu de réflexion, surtout à la phase A de la manche lorsqu’on décide le nombre de case que l’on veut avancer. On va réfléchir à l’endroit où l’on veut que notre Oyakata se rende pour faire les transactions que l’on souhaite. Mais puisque quelqu’un peut prendre l’emplacement que l’on souhaite avant nous, eh bien, il faut réfléchir à une autre solution. Et comme pour bien des jeux, vers la fin de partie, on essaie toujours de calculer nos derniers tours pour tenter de maximiser nos points.

Les interactions entre joueurs seront intéressantes puisque l’on doit faire augmenter le niveau des personnages adverses si l’on veut profiter de leurs capacités. Également, le recrutement des personnages ou les différents achats de poissons peuvent créer une petite course.

Bref, si vous aimez la thématique historique japonaise et la gestion des ressources pas trop compliquée, Iki est un jeu parfait pour vous.

Photo de l’éditeur

On aime :
– Le look de la boîte et les illustrations qui sont très jolies;
– Les règles du jeu faciles à comprendre;
– Le matériel de très bonne qualité;
– La bonne re jouabilité et le plateau qui change durant la partie (qui oblige à revoir sa stratégie régulièrement);
– L’ambiance bien amusante entre les joueurs;
– Un jeu de réflexion et de stratégie accessible à tous (pour expert en raison de toutes les choses auxquelles il faut être attentif);
– L’interaction passive et indirecte entre les joueurs pour les personnages et les achats;
– La thématique japonaise hyper présente et originale;
– Les mécaniques de jeu qui fonctionnent bien ensemble et les nombreuses manières de marquer des points;
Un jeu fluide et évident (il se joue bien et tout le monde a du plaisir).

On aime moins :
– Le fait que la piste de lutte contre les incendies ne rapporte pas de points en fin de partie
.

On aurait aimé:
– Que les parties soient moins longues.

Il est à noter que:
– Si vous êtes allergique au hasard, il faut savoir que la mécanique de feu/incendies est basée sur ce dernier.

9.5/10

Photo de l’éditeur

Merci à notre partenaire Randolph de nous avoir offert une copie du jeu pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur en lisant notre chronique sur le jeu Minivilles.

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